Un projet franco-allemand

L’objectif de ce projet est d’étudier la physionomie d’une ville comme le résultat d’influences trans-nationales, en appliquant à l’architecture et à l’urbanisme des idées développées par l’histoire croisée. Strasbourg, qui depuis des siècles est un lieu d’intersections des cultures française et allemande, nous est apparue, dans cette perspective, exemplaire. Choisissant le moment de développement de la ville industrielle, nous avons retenu une période s’étendant de 1830 à 1940 durant laquelle le changement de frontières, à trois reprises, a intensifié les échanges. L’hypothèse est que la traditionnelle partition de la ville entre « ville ancienne », « extension allemande » et lotissements périphériques de l’entre-deux-guerres cache une réalité où se sont fondus durablement des apports venus des deux côtés du Rhin. L’analyse vise à montrer dans quelle mesure son urbanisme et son architecture résultent de transferts matériels, humains et culturels entre l’Allemagne et la France, la culture alsacienne, indépendante, formant le troisième élément de l’amalgame qui l’a façonnée.

Des études de cas aborderont des ensembles de différentes natures et échelles (habitat, lieux de culte et d’enseignement), ainsi que les acteurs impliqués dans la construction (commanditaires, architectes, entrepreneurs…). Les architectures choisies auront une portée utilitaire, sociale ou religieuse, d’une part parce qu’elles sont très présentes dans la ville et de l’autre parce qu’elles sont restées les moins étudiées. A travers ces analyses, nous expérimenterons des méthodes d’approches des phénomènes de transferts dans l’architecture et l’urbanisme.

Ce projet a été retenu à l’issue de l’appel à projets franco-allemand en sciences humaines et sociales, édition 2012, ouvert conjointement par l’Agence nationale de la Recherche (ANR) et la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG). Débutant en mars 2013, il durera trois ans. Il est porté, en France, par des chercheurs de l’équipe Arche de l’Université de Strasbourg et AMUP de l’Ecole nationale d’architecture de Strasbourg ; en Allemagne par ceux  de l’Institut für Kunst- und Baugeschichte de l’Institut de technologie de Karlsruhe (KIT), de l’Institut d’histoire de l’art de l’Université Johannes Gutenberg de Mayence et de la Fachhochschule de Mayence.

Souhaitant mêler les points de vue et démêler les rapports entre les chercheurs et leurs objets, l’équipe est constituée d’historiens et d’architectes des deux pays, ayant la connaissance de diverses villes et architectures, ainsi que l’expérience de mobiliser des sources tant allemandes que françaises, tant locales que nationales. Nous conjuguerons ainsi des regards croisés et combinerons des méthodes souvent utilisées pour traiter de ces objets, mais rarement associées : celles de l’histoire, de l’histoire de l’art et de l’archéologie du bâti.

L’équipe réunit Michaël Darin, Hervé Doucet, Philippe Grandvoinnet, Isabelle Laboulais, Catherine Maurer, Véronique Umbrecht, Catherine Xandry et Shahram Hosseinabadi pour la partie française ; Emil Haedler, Tobias Möllmer, Wolfgang Voigt, Peter Liptau et Hélène Antoni pour la partie allemande. Elle est conduite par Anne-Marie Châtelet (ENSAS-Arche), Wolfgang Brönner (Kunsthistorisches Institut der Johannes Gutenberg Universität Mainz), Johann Josef Böker et Christiane Weber (Institut für Kunst- und Baugeschichte im KIT).

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